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Interview de Kevin “Teykn” Morys, capitaine du roster COD chez Spawn eSport

Interview de Kevin “Teykn” Morys

Suite à l’annonce de l’arrivée d’une équipe Call of Duty dans la structure Spawn eSport, je suis parti à la rencontre de son capitaine : Belgique Kévin “Teykn” Morys. On y parle du jeu, de sa nouvelle structure mais aussi de ses équipiers et de leurs ambitions.

L’INTERVIEW

Salut Kévin ! Merci de m’accorder un peu de ton temps pour cette interview. Pourrais-tu te présenter à nos lecteurs?

TeyknSalut Aurélien ! Alors, comme tu l’as dit, moi c’est Kévin / Teykn, j’ai 26 ans et je viens de la région de Mons.

Je joue aux jeux vidéo depuis l’âge de 6 ans et sur la franchise COD depuis 12 ans maintenant, dont 10 ans de manière plus compétitive. Je suis le capitaine de l’équipe Call of Duty du Spawn eSport. In-game, je joue le rôle de SMG slayer.

Pourquoi t’être tourné vers Call of Duty?

Je n’ai pas réellement choisi COD, je dirais plutôt que cela s’est fait naturellement… C’était l’un des premiers jeu en ligne auquel je jouais après Ghost Recon, et le premier jeu sur lequel je passais des heures entières. C’est très vite devenu le seul jeu auquel je jouais réellement. J’ai rencontré par hasard quelques joueurs qui formaient une team d’amis en 2007 sur COD4 . Les résultats n’étaient pas glorieux, ils étaient juste là pour s’amuser.

Mais c’est là que mon esprit compétitif s’est fait entendre et que j’ai commencé à voyager d’équipe en équipe, recherchant toujours de meilleurs résultats. Aujourd’hui, tant d’années plus tard, je suis toujours là ! Toujours à jouer au même jeu, avec un niveau bien plus élevé cette fois et une stabilité dans les performances depuis quelques années maintenant.

Tu viens d’intégrer la structure Spawn eSport. Pourquoi avoir fait un tel choix? Qu’est-ce qui t’a poussé à signer chez eux?

Pendant longtemps, les seules structures réellement intéressantes sur la scène COD étaient les structures professionnelles du genre Millenium et autres grosses écuries de ce type. Les autres structures dites “semi-pro” n’offraient pas réellement d’avantages à part porter un nom et avoir un peu de visibilité peut-être. Mais ce n’est pas ce que nous recherchions, nous jouions donc de manière indépendante.

Puis j’ai rencontré les dirigeants de Spawn eSport. Dans un premier temps professionnellement avec leur bar puis, de fil en aiguille, nous en sommes venus sur le sujet de l’e-sport. Ils m’ont présenté en quelques lignes leurs projets et ambitions et j’ai immédiatement été intéressé par ceux-ci. L’envie de faire avancer l’e-sport en Belgique était une volonté de ma part et c’était peut-être notre moyen à nous de mettre notre pierre à l’édifice.

J’ai donc recontacté la direction du Spawn en leur proposant de les représenter sur le circuit semi-professionnel Call of Duty sur console. Quelques semaines plus tard, c’est avec joie et fierté que nous avons appris la bonne nouvelle : nous jouerons cette saison, et je l’espère les saisons à venir, sous les couleurs de Spawn eSport.

Spawn eSport

C’est un roster officiellement formé pour l’occasion mais vous vous connaissiez déjà il me semble. Présente-nous un peu tes équipiers.

Alors en effet, JeKT et moi jouons ensemble depuis des années. Nous avons dû nous séparer de nos deux anciens mates qui ne répondaient malheureusement plus à nos attentes en terme de temps de jeu. Nous avons fait le choix de recruter Nostro que nous connaissions depuis quelques années maintenant ainsi que son mate Quality.

Ils étaient sans équipe, nous recherchions un duo, cela s’est fait naturellement. L’équipe se compose donc pour cette saison de JeKT, Nostro, Quality et moi-même. Nous avons tous plus ou moins le même parcours sur la scène et les mêmes objectifs pour cette saison.

Tu es le seul belge du roster. Est-ce contraignant pour le futur? Est-ce que cela va influer sur certains choix?

C’est vrai, je suis le seul Belge de l’équipe. Cela n’est pas réellement contraignant pour la suite puisque 90% du circuit Lan semi-pro se passe en France dans les locaux de la SFCO.

Après, c’est certain que c’est pas évident pour bootcamp mais nous avons malgré tout un entrainement de 28 à 32 heures semaines lors de nos différents scrims ou tournois online, ce qui n’est pas négligeable.

Pourquoi vous être dirigé sur la version console du titre? Selon toi, est-ce que la version PC n’a aucun avenir au niveau e-sportif? Qu’est-ce qui a provoqué ce basculement d’après toi?

Effectivement, la scène COD4 sur PC était très active à l’époque. Mais quelques temps plus tard, un contrat a été signé entre Activision (développeur de la licence COD) et Microsoft qui finançait une grosse partie du circuit compétitif. Ce dernier exigeait donc que les Lans soient jouées sur XBOX.

En 2014, c’est Sony qui a racheté cette exclusivité et cela pour 10 ans. La scène a donc dû basculer de la XBOX 360 à la XBOX one puis sur PS4 en 2014 suite au rachat de l’exclusivité compétitive par Sony. Changement qui a rendu cette année là assez étrange au niveau compétitif puisque la communauté a été séparée pendant plusieurs mois.

Depuis lors, tout est rentré dans l’ordre. Nous sommes tous habitués à jouer sur PS4 maintenant. Et ce n’est pas prêt de changer, à part au passage sur PS5 d’ici quelques temps. À l’heure actuelle, le circuit pro est exclusivement sur console et représente plusieurs millions en cash prize sur une saison. Et plusieurs dizaines de milliers d’euros sur le circuit semi-pro.

Call of Duty World League

Quels sont vos objectifs pour cette saison 2018 sous vos nouvelles couleurs?

Nos objectifs sont simples : nous voulons performer sur le circuit semi-pro européen “European Challenger” organisé par la SFCO en France.  C’est un événement de référence en Europe. Celui-ci se déroule de la facon suivante : une première Lan qui a eu lieu en janvier, une seconde fin février où nous sommes d’ailleurs déjà inscrits, un tournoi online en mars et une dernière Lan en avril.

À l’issue de chacune de ces Lans, en plus des 6.000 € de cash, des points sont attribués aux équipes selon leur classement pour ne garder au final que les meilleurs. Ces équipes s’affronteront lors de Playoffs en mai avec un cash prize encore plus gros. Voilà ce qui est prévu pour la première partie de la saison.

Aurons-nous quand même la chance de vous croiser un jour sur un événement en Belgique?

Il n’y a pas réellement d’événements marquants en Belgique sur COD à part une EGO de temps en temps. Mais si l’occasion se présente, nous serons bien sûr présents !

D’après toi, quelle est la place de Call of Duty sur la scène e-sportive belge ainsi que mondiale?

Il y a très très peu de représentants belges. Pour faire simple, le top du circuit pro se résume à une domination totale des américains, avec des écuries de renom telles qu’Optic Gaming, … Quelques équipes britanniques arrivent à se mêler à eux (Red Reserve ou Splyce) et une petite délégation française représentée par Vitality.

À l’échelon du dessous, nous avons la ligue nationale réunissant le top français et belge. La ligue est totalement dominée par les équipes françaises. Seuls 8 joueurs flamands ont réussi à se qualifier il me semble, mais toujours rien du côté francophone du pays. J’espère que quelques pépites belges arriveront à s’y hisser et faire parler de notre pays (qui est presque inexistant sur la scène COD mondiale).

Call of Duty National League

Quel est ton avis sur le sport électronique belge en général?

L’e-sport en Belgique a été en retard pendant de longues années sur le reste du monde. La France a fait un grand pas en avant ces dernières années et j’ai bien l’impression que cette année, c’est au tour de notre pays de franchir ce cap ! LouvardGame commence à prendre de l’ampleur dans l’événementiel. Une structure telle que le Spawn qui se veut très professionnelle et un magazine de rédaction tel que Frags.be pour nous “newser” tout ça ! Il ne reste plus qu’aux joueurs belges à se faire remarquer, mais je suis confiant.

Merci à toi d’avoir joué le jeu. Je te laisse le traditionnel mot de la fin.

Je tenais tout d’abord, au nom de toute l’équipe, à remercier Frags.be pour l’interview mais surtout au Spawn de nous avoir accordé leur confiance. Nous ferons notre possible pour les représenter au mieux cette année !

Crédits photos : Benjamin Meulemans, Manatee.gg & MLG

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